17 août 2005

MATRIX

matrix10111999. Deux frangins vont littéralement révolutionner le Cinéma d'action et de SF avec une œuvre culte : Matrix. Après avoir signé le solide polar lesbien Bound, les Wachowski nous offre un univers d'une richesse inépuisable qui n'en finis pas d'alimenter les réflexions et les débats. Le monde qui nous entoure serait artificiel, crée par des machines pour nous assouvir et nous utiliser comme énergie électrique.


Ce postulat de départ évoque bien entendu la réflexion de Kant sur la recherche de Vérité. Nos sens nous trompent. Ce qui nous entoure est-il réel ? Ce qui fait directement entrer Matrix dans les œuvres intellectuelles, que certains ont trop rapidement voulu qualifier d'œuvre philosophique. Mais Matrix n'est pas qu'une œuvre philosophique. C'est avant tout la synthèse d'une multitude d'influences sur lesquels chaque spectateur est libre de cliquer. Les Wachowski se servent de diverses sources pour bâtir leur propre univers. Une œuvre qui parle de tout et de rien.
Au delà de l'aspect philosophique, on trouve également une dimension métaphysique au travers le parcours initiatique de Néo, esclave de la Matrice qui s'éveille au monde et apprendra peu à peu à ouvrir son esprit. L'influence à Lewis Carol n'est d'ailleurs pas un hasard puisque l'on y retrouve une référence à Alice au Pays des Merveille (le lapin blanc, la descente au fond du terrier) et à De l'Autre coté du Miroir (Néo recouvert du miroir au moment de sortir de la Matrice). Il découvrira la vérité sur le monde qu'il tenait pour réel dans un décor blanc, image de sa pensée immaculée, apprendra à dépasser
ses limites mental en libérant son esprit, prétexte à des morceaux de combats anthologiques... Ce qui n'aurait pu être qu'un simple film de Science Fiction deviens dès lors une œuvre fourmillante sur laquelle chacun peut puiser ses propres analyses. Un supplément d'âme qui manque à la plupart des films en général.
Un supplément d'âme découlant également des divers références mythologiques et biblique. Ainsi, Néo est-il l'anagramme de One, soit l'Elu, l'Unique. Chaque personnage porte un mot mythologique : Morpheus, dieu des songes, est celui qui ouvre les yeux des hommes, l'Oracle est la diseuse de bonne aventure, Louis Cypher (Lucifer) est le traite de la bande... Ce film d'introduction, premier volet d'une trilogie, suis donc à la lettre les écris de Joseph Campbell qui démontrait que chaque mythe suis le même schéma. Morpheus est le mentor au même titre qu'un Gandalf, Néo est l'Elu comme le Christ ou un Luke Skywalker, Smith est le double maléfique au même titre qu'un Vador, ect...

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En puisant dans une multitude d'ouvrages, les Wachowski bâtissent un univers qui acquière sa propre dynamique. On aura le droit se prendre ça pour un simple artifice, mais on a le droit de se demander pourquoi , par exemple, la mère de Morpheus l'a-t-elle appelé comme ça ! Un signe que l'univers Matrix serait plus riche qu'il n'y paraît ? (évidemment ! Reloaded éclairera d'ailleurs ce point).
Néo deviens un figure Christique, renforcée au moment de sa mort temporaire, devant l'appartement 303. Sachant que Néo habité l'appartement 101 au début du film (référence au code binaire informatique), on peut lire le clin d'œil comme 3 fois 101. 3 étant le nombre de jour que mis l e Christ à ressusciter. D'ailleurs, Néo met exactement 72 secondes à se relever (3 fois 24 heures donc 3 jours). Et des références comme ça, il y en a des tonnes, toutes plus ou moins évidentes (le labyrinthe du Minotaure lors de la scène du téléphone, Néo qui monte au ciel à la fin...).

Mais Matrix est avant tout un film d'action est c'est là que l'univers de la Matrice s'avère payant, puisque n'obéissant à aucun lois particulière (ou du moins, ces lois peuvent être enfreintes). Ce qui nous vaut un brillant hommage au kung-fu japonais avec des scènes de baston magnifiquement chorégraphiées et défiant les lois de la gravité. L'influence de Matrix fut si importante d'ailleurs que l'on a, depuis, retrouvé ce type de combat dans tout et n'importe quoi (Charlie's Angels, Shrek ,Scary Movie, ect....), au même titre que l'effet du Bullit Time, figure visuel plagiée à outrance (dans la pub, dans les clips, dans les films...). Signe que Matrix s'est imposé comme une œuvre phare incontournable. Bible, Campbell, Kant, kung-fu, manga, jeu vidéo... Un cocktail détonnant aux lectures inépuisables, à l'esprit visuel très fort (couleur verte pour la matrice, bleu pour le réel, rouge pour la vérité...) dans le but d'offrir un spectacle inédits...

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On constatera toutefois que beaucoup ont suivis Matrix comme un film intelligent donnant les clefs aux spectateurs pour en comprendre l'univers (« ceci est une pile », « il y a le monde réel et la matrice »...). Or, on trouve tous les germes de la suite de la saga dans ce chapitre d'introduction. Ainsi, Néo ouvre le livre de Baudrillard au début du film « Simulation et Simulacres ». Là où certains y ont vu un clin d'œil à ce qui allait suivre (le monde de la matrice n'est pas réel), d'autre verront que le livre est ouvert au chapitre du nihilisme, preuve que rien de ce que l'on va nous dire par la suite n'est certains. Ceux qui seront passés à côté de cet élément s'enfonceront dans le terrier du lapin et dans leurs certitudes et critiqueront bêtement Reloaded et Revolutions, les autres applaudiront l'étonnante rigueur des frangins Wacho). De même, divers éléments de ce premier film restent sans réponses, comme la multitude d'écrans qui observent Néo, la volonté de Smith de ne pas le tuer dans la même scène (« nous avons besoin de vous »), le fait que les humains puissent télécharger des programmes dans le cerveaux... Une séquence comme celle de la femme en rouge prend d'un seul coup tout son sens au vue des suites : Néo la suis du regard et elle se révèle être un agent (alors que le rouge est censé être la couleur de la vérité). Là, Morpheus fige l'image. Nous n'étions que dans une réplique de la Matrice. Les spectateurs moyens se disaient alors « mais oui ! il faut se méfier des agents qui peuvent être n'importe qui ! » et passeront à côté de l'info la plus importante de cette scène : les humains sont eux même capable de produire des répliques de la matrice et de créer des humains et des agents ! D'ailleurs, l'agent Smith braque l'arme sur le spectateurs à ce moment précis pour lui indiquer qu'il est inattentif à tout ce que cette simple séquence révèle !
Complexe ? Assurément, mais c'est bien la preuve que Matrix ne s'arrête pas aux références les plus évidentes et que le spectateur se doit d'être attentif et de faire fonctionner ses méninges pour bien saisir toute la complexité et la richesse de l'univers du film. Il y a des tonnes de niveaux de lectures. (à noter également que la thématique du Choix au cœur des suites est déjà présent à travers le couple Choi et sa copine Dujour qui viennent chercher Néo au début ou encore les multiples choix qu'on l'oblige à faire : arriver à l'heure, collaborer avec les agents, prendre la pilule rouge...)


Ceux qui s'arrêteront à ce que le film exprime tout haut (méfions nous de nos sens, libérons notre esprit...) passeront en partie à côté du film et seront largués par les 2 suites, les autres continueront d'acclamer cette œuvre ultime et inépuisable qui prendra encore plus de valeur au regard de la trilogie complète. Une référence absolue ! !



NOTE : 6/6

Posté par merovingien à 19:45 - - Commentaires [6] - Permalien [#]


Commentaires sur MATRIX

    C trop morteeeeeeeeeeeel

    Ben suite à notre conversation msn très enrichissante et intellectuel (lol) je ne peux que te confirmer mon avis...
    Ben tu m'as ouvert les yeux sur la matrice des Wachowski ! J'ai lu toute tes critiques et RIEN n'est laissé au hasard !! J'adooore les ptits détails, par exemple, quand l'oracle donne un cookie à Neo, et que le cookie est un truc infformatique... j'ai été surpris par le perfectionnisme des Wachowski !! Faut vraiment que je le revois sous un oeil attentif !

    ++

    Posté par Tim, 19 août 2005 à 03:26 | | Répondre
  • Sorry, mais non... :-/

    J'ai beaucoup aimé le premier opus, oui...
    Mais j'ai vraiment bcp bcp bcp de mal avec les 2 suites...
    Le seul vrai intéret pour moi restant Lambert Wilson, alias le mérovingien... héhé!! ^^
    J'te jure que c'est vrai!! ))

    Kissouilles!

    Posté par Stef, 22 août 2005 à 14:55 | | Répondre
  • Je t'avais laissé un com chez moi...

    Mais j'te le laisse ici, au cas où

    J'ai lu qq part que Colin serait ptet au festival de Cannes l'année prochaine... pour présenter son nouveau film "I'm not there" (avec Cate Blanchett, Julianne Moore, Charlotte Gainsbourg...)...
    Si ça se confirme, ça te dit qu'on y aille ensemble??? ^^ )

    Tu as une adresse msn au fait aussi? :-p

    Kissouilles!

    Posté par Stef, 24 août 2005 à 21:01 | | Répondre
  • Et pourquoi pas ...

    >

    Je rebondis sur cette phrase, car je pense que les frères Wachos ont voulu laisser des pistes de réflexion sans pour autant tout donner en détail.
    En laissant aller notre imaginaire, on peut retrouver dans la multitude d'écran le problème de l'espace temps. L'espace, le temps, le choix déforme t-il l'espace ? Sans aller jusqu'au reherche d'Einstein, à chaque seconde nous choississons de faire tel ou tel action. Et on peut se demander "Que se serait-il passer si j'avais fait l'autre choix?", d'où on peut aussi émettre l'hypothèse que notre cerveau ne mémorise qu'une suite de choix dans un monde. Chaque micro-seconde créant une infinité d'autrse mondes...
    Pour la volonté de Smith, on peut aussi le comparer aux Hackers, qui comme le lière a besoin d'un arbre pour survivre. Un parasite de la matrice qui sait que Néo est là pour la remettre à zéro. Un programme qui prendrait conscience de son existence, et de la possible fin de son existence. Pas besoin de citer toutes les oeuvres mettant en scène un robot qui au fil de l'histoire prend conscience de lui-même et a des sentiments ...
    Enfin, d'un point de vue général, notre cerveau est un ensemble de neurone guidé par des influes électroniques, tout comme les machines. Sachant que nous n'utilisons qu'une infime partie de notre cerveau, pourquoi alors ne pas imaginer que cela puisse exister...

    Il y a quelques dizaines d'année, dans les plus grands fantasmes de science fiction, on rêver qu'un robot puisse marcher. A l'époque, seul les "fous" ont pu y croire. Maintenant cela existe.
    Nous savons créer des intelligences artificielles, certes basiques, mais qui évolue chaque jour un peu plus, dans les laboratoires et les centres de recherches millitaires. Alors à quand la guerre ?

    J'ai adoré cet article, et j'ai eu envie d'y déposer un mot. Cette trilogie est une source inépuisable d'inspiration pour moi. Bravo pour ces précisions le Mérovingien

    Dans un style complètement différent, les "erreurs" de réalisation : http://www.erreursdefilms.com/sf/voir_toutes.php?page=4&idf=MATR
    5 pages de belles trouvailles ^^

    Posté par Lural, 06 novembre 2008 à 16:58 | | Répondre
  • 101 n'est-il pas une référence à l'oeuvre d'Orwell?
    Ce film ne renvoie-t-il pas aux travaux de Platon (caverne)?

    Posté par mrs, 09 février 2012 à 09:23 | | Répondre
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    Posté par Çetin BAL, 15 octobre 2007 à 01:37 | | Répondre
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