17 août 2005

ANIMATRIX

animatrix01Les Wachowski sont merveilleux. En plus de nous offrir LA trilogie absolue en matière de SF (et ne me parlait pas d’une certaine galaxie très très lointaine !), il se payent le luxe de développer leur univers inépuisable en produisant une série de court métrages animés directement branché sur la Matrice. Ca n’a l’air de rien comme ça, mais rappelons quand même qu’il s’agit avant tout d’un produit promotionnel qui était destiné à faire la pub de Reloaded au ciné. Et un outil promotionnel qui s’impose comme une anthologie de l’animation, c’est carrément une oeuvre d’art !

Ensuite, il s’agissait avant tout de rendre justice à la plupart des influences de la trilogie. En effet, ceux qui pensent que les Wachowski ont tout inventé dans leur saga sont une bande de petits incultes avec deux petits neurones qui se battent en duel. Non, la trilogie Matrix puise à fond dans l’animation japonaise et le manga, et cette compilation de court-métrage n’est jamais qu’un retour aux sources.

Et pour finir, le 2em intérêt d’Animatrix est d’étendre l’univers matrixien vers des horizons inconnus, enrichissant d’avantage le matériel de base. Alors c’est parti pour une brève critique de chaque épisode !

LE DERNIER VOL DE L’ OSIRIS

Le programme commence fort avec ce joyau de l’animation ! Ce court-métrage sert de point de départ à Reloaded et au jeu vidéo Enter the Matrix : un vaisseaux, l’Osiris, découvre que les Sentinelles sont en train de creuser en direction de Zion et qu’elles ont levé une armée prête à anéantir la dernière ville humaine. Ecrit par les Wachowski, ce splendide prologue a été réalisé par les créateurs doués du film Final Fantansy. Le photo-réalisme atteint un degré de beauté inouïe.

Le dernier vol de l’ Osiris constitue les préliminaires de la suite. C’est d’ailleurs la première scène : deux combattants s’entraînent au sabre dans une simulation de combat. Ils vont se déshabiller progressivement, révélant une sensualité et une anatomie parfaite. En plus d’être chargée d’érotisme juste qu’à la gueule, cette séquence nous rappelle que ces corps parfaits ne sont qu’une image mental du moi digital (remember matrix1) et permet en même temps de présenter deux personnages attirés l’un par l’autre. Pas une ligne de dialogue n’est prononcée mais on est immédiatement touché par ces personnages. La suite brise cet univers sensuel et chaud pour basculer vers la froideur métallique du monde réelle avec une scène d’action visuellement si hallucinante qu’elle aurait pu figurer dans les films sans qu’on remarque la différence entre le film et l’animation. La fin, sombre et émouvante, nous laisse sur les genoux. Un must !

NOTE : 6/6

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LA SECONDE RENAISSANCE - PART 1/2

Revenant à une animation plus traditionnelle (contrairement à la 3D de l’Osiris), ce chapitre, écris également par les Wachowski, nous montre l’origine de la Guerre qui oppose les humains aux machines. Ca démarre comme du Asinov (avec ses 3 lois de la robotique) pour déboucher sur une réflexion pointue sur le rapport que l’homme entretiens avec les machines. En à peine 10 minutes, on y retrouve tout l’intelligence et l’intensité de Blade Runner et AI réunis ! Les hommes refusent d’accepter les machines comme des êtres intelligents et les dénigrent. De ces évènements découlent une mise en parallèle avec la Seconde Guerre Mondiale et le Vietman. Utilisant le principe du documentaire (tout le court métrage est composé d’images d’archives), on y trouve une intensité qui laisse pantois, notamment dans cette séquence où une femme se fait tabasser, avant que l’on nous révèle qu’il s’agit d’une machine. A peine a-t-on réalisé cela qu’elle se fait exploser la tête. Eprouvant. Toute la bêtise humaine concentrée dans quelques images fortes. La fin (l’ONU refusant l’entrée des machines) scelle un destin qui nous sera conté dans la suite. Après ce premier volet, les doutes ne sont plus permis : Animatrix s’impose comme une oeuvre à part et aurait mérité une sortie au cinéma tant le niveau est excellent.

A noter quelques éléments important à la compréhension de Reloaded : les machines se réfugient dans « le berceau de l’humanité » dans une vile qu’elles baptisent « Zero-One » (Zion !)

NOTE : 6/6

LA SECONDE RENAISSANCE  - PART 2/2

Suite directe du court métrage précédant, on lorgne cette fois plus volontiers du côté de l’action pure en nous montrant la guerre qui engendra la fin de l’espèce humaine. Le choc des images est profond. L’homme va à sa propre destruction en couvrant le ciel pour empêcher les machines de puiser dans l’énergie solaire. La bataille qui suis est tétanisante, ultra réaliste (malgré le côté animation). Le message des Wachowski est clair : tolérons les machines que nous avons créer à notre images (une des plus belles phrases du court métrage : « bénis soient toutes formes d’intelligence »). La destruction de l’espèce humaine nous bouleverse car elle ?oppose à la mort des machines du premier épisodes : les hommes ne méritent-ils pas leur mort ?

On assiste également à la création de la première Matrice (vision d’horreur que nous épargnait en partie le premier Matrix ) avec les expériences sur les hommes.

Le court métrage s’achève sur un pacte signé entre les derniers hommes et les machines. Un phrase qui permet d’ailleurs de mieux saisir les enjeux de Revolutions : « votre chair est une relique, un simple récipient. Offrez nous votre chair et un monde nouveau vous attend ». Viens cette séquence lyrique qui nous achève littéralement ; celle d’un enfant courant dans un monde ravagé mais plein de poésie (neige, chant lyrique) puis se soumettant à ses parents (des machines). A fusion entre l’homme et la machine à eu lieu (la naissance : l’homme, la renaissance : les machines, pour en arriver à la seconde renaissance du titre)

Avec toutes les idées visuelles et narratives de ces 2 chapitres d’Animatrix, il y a de quoi nourrir une trilogie entière. Le sommet absolu de ce programme d’animation.

NOTE : 6/6

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L' HISTOIRE DU KID

Ce volet est le dernier à être directement relié à la trilogie. On y suit en effet la fuite du Kid hors de la Matrice. Le kid n’est autre qu’un des personnages secondaires de Reloaded et Revolutions. Si au premier abord ce court métrage peut sembler dénuer d’intérêt, il s’agit pourtant d’un excellent dérivé du film. Le kid revis en quelque sorte le parcours initiatique de Néo dans le premier film : discussion sur son ordinateur, poursuite par les Agents et libération du monde de la matrice.

Ce qui fait l’intérêt de ce court-métrage, c’est son visuel étrange, très brouillon. Cela donne lieu à une ambiance étrange qui colle parfaitement à l’esprit de la bande. En particulier lors de la mémorable poursuite en skate. Sans vraiment révolutionner l’univers matriciel, on en apprend désormais un peu plus sur le Kid et il y a un très bon rythme qui le rend captivant, comme dans cette scène passionnante où le téléphone sonne dans la classe. L’épisode se centre quand même sur une idée brillante : on peut s’auto-soustraire de la matrice. Psychologiquement, ce court métrage est plutôt violent puisqu’il s’achève par le suicide de l’adolescent qui sort ainsi de la matrice. Un message vraiment dérangeant, mais captivant, preuve une nouvelle fois de l’incroyable intelligence des Wachowski. On peut en effet voir une illustration glaçante du suicide des jeunes à notre époque. Excellent et perturbant.

NOTE : 5/6

PROGRAMME

La qualité ne baisse pas avec ce volet très intéressant. Le plus poétique. Une jeune femme s’entraîne dans un simulation de la matrice et affronte son compagnon qui lui propose de quitter la solitude du monde réel pour être rebranché dans la matrice.

Cela donne lieu à des images féerique, comme le combat dans les champs, puis le cache-cache avec ses longs couloirs de protes, puis enfin le face à face final sur un toit englobé par une lune magique.

Une histoire d’amour sordide et forte qui trouve son apogée dans le coup de lame final, dans un ralenti extrême et dans un dénouement pour le moins surprenant : il s’agissait d’un entraînement pour tester la fiabilité des résistants.

C’est un hommage réussis et passionnant à l’intrigue de Cypher dans le premier Matrix, plein de lyrisme et d’émotion.

NOTE : 5/6

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RECORD DU MONDE

Là encore, ce court métrage nous montre qu’il est possible de quitter la Matrice par différents moyens. On suit un champion sportif qui souhaite exploser les limites de son corps en battant un record du monde de sprint. Ses efforts physiques sont tels qu’il s’affranchit de toute limite et parviens, brièvement, à sortir de la Matrice.

Une idée forte, parfaitement retranscrite par des gros plans sur les muscles malmenés. La conclusion est pour le moins terrible (le sportif e parvenant pas à quitter la matrice et se retrouvant paralysé).

Si cet épisode est moins convaincant que les précédents, c’est avant tout pour son manque de rythme et de rigueur. Un opus moins rigoureux mais pas dépourvu d’intérêt.

NOTE : 4/6

AU-DELA

La qualité remonte d’un cran avec ce court métrage qui illustre une des répliques soulevée par Reloaded : la présence de fantôme dans notre monde serait du à des bugs de la matrice.

Cette idée sert de point de départ à une oeuvre assez métaphysique mais tout en légèreté. Dans une maison hantée, des enfants s’amusent avec les différentes bizarrerie : s’écraser au sol sans même le toucher, devenir aussi léger qu’une plume, caser une bouteille qui se reforme aussitôt?

C’est plein de poésie, le graphisme est très proche de Myazaki, et c’est plein d’idées visuelles étonnantes. Sans renouveler l’univers de la matrice, cette oeuvre se laisse regarder avec intérêt et avec douceur, loin de la violence des autres opus. Magique, tout simplement.

NOTE 5/6

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UNE HISTOIRE DE DETECTIVE

Un volet un peu décevant dans le sens où il n’apporte rien à la trilogie. On suit l’enquête d’un détective privé sur les traces de Trinity. L’intérêt n’est pas de faire avancer le schmilblick mais de rendre un hommage aux vieux polars des années 30. Force est de reconnaître que l’esthétique y parviens parfaitement : ambiance noir et blanc (avec touche de rouges par endroits), voix of lancinante, musique totalement en phase avec l’ambiance piano-bar? Là où ça coince, c’est que le rythme est lent, très lent. Bien que l’oeuvre soit assez courte, elle paraît un poil longuette. Niveau graphisme, c’est toujours d’un très haut niveau (c’est le même dessinateur que l’Histoire du Kid) mais à part ça, cet opus n’est pas le plus passionnant ni le plus riche du programme.

NOTE : 4/6

MATRICULé

Cet épisode est assez difficile à cerner. Il est aussi grandiose que foireux. Le foireux ? Une première partie trop longue et visuellement assez moche où l’on suit un groupe de résistant qui tente de capturer un robot. Cette partie est trop longue à en venir à l’essentiel, à savoir une idée passionnante : et si les « humains » inversaient le processus de la matrice pour l’utiliser sur les machines ?

Ce qui permet de voir une seconde partie hallucinante. Une espèce d’hallucinogène où l’on voyage dans la psychologie d’une machine. Visuellement, ça deviens délirant, plein d’invention toute plus étonnante, original et envoûtante les une que les autres. Ce qui nous conduit au dernier acte de cet ultime volet un peu longuet : les humains arrivent finalement à inverser le programme de la machine pour que celle-ci les aide. Or, cette machine qui fins par aimer une des humaines? Non, je n’en dis pas plus ! La fin est terrifiante et je préfère ne pas la gâcher.

Ce dernier court-métrage n’est pas le plus convaincant (la faute à une première partie moche et trop longue à en venir à l’essentiel) ais c’est en tout cas le plus déstabilisant et le plus barré. Ce n’est pas non plus le moins intéressant, au contraire !

NOTE : 4/6

A l’issue du visionnage de ces Animatrix, on pourra en conclure qu’on est face à une série de films de très haut niveau visuellement. Ca nous change de la 3D ou de l’animation à la Disney, et c’est bien plus stimulant pour l’esprit. Nous ne somme donc plus face à des films promotionnel mais bien face à une oeuvre indispensable pour enrichir les connaissances de la matrice. Un vrai programme complémentaire. Visuellement, c’est du très haut niveau, et c’est d’autant plus réjouissant que chaque épisode possède un style différent. L’unité entre les épisodes se crée d’elle même.

On pourra donc conclure que l’on trouve 3 chef d’oeuvre de l’animation, 3 excellents courts métrage animé, et 3 autres courts de bonne qualité mais moins convaincant.

Une série de film en tout cas bien plus convaincant qu’une large partie des films d’animation actuels. On a en tout cas très envie d’en voir une autre série : un Animatrix 2 qui serait totalement supervisé par les Wacowski (on a le droit de rêver, non ?)

NOTE GLOBALE: 5/6

Posté par merovingien à 19:12 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur ANIMATRIX

    c'est plus une question qu un commentaire

    voila je cherche depuis pas mal de temps la musique du court metrage "au dela" a un moment bien precis , lorsque la fille se laisse tomber et qu un pigeon vole juste a coté et le tout au ralenti serait ce possible de menvoyer un petit mail pour me mettre sur une piste merci

    inestimable.fleur@hotmail.fr

    Posté par antoine, 25 mars 2007 à 15:03 | | Répondre
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