25 juillet 2005

ALADDIN

aladdin1Le studio Disney ferait bien de remercier Ron Clements et John Muskers. Ces deux là sont sans conteste à l’origine du renouveau de Disney dans les années 90, assurant pour quelques années encore la survie du studio avec la Petite Sirène. Un nouveau souffle qu’ils prolongeront avec un des plus populaires films du studio : Aladdin (au passage, on leur doit aussi Basil détective Privé). La recette : des chansons travaillées, des histoires puissant habilement dans le patrimoine culturel mondial et une animation soignées faisant appelle parfois à la 3D.

Au menu d’Aladdin, un dépaysement vers le Moyen-Orient et plus précisément le berceau des milles et une nuits. Une ambiance oriental qui permet d’exposer un nouveau climat, de nouveaux décors (ça change des sempiternelles forêts magiques et capitales british) avec en tête le palais royales somptueux et la Caverne aux Merveilles. Et également de nouveaux personnages, comme le Vizir et le sultan. Il n’est d’ailleurs pas interdit de penser à Iznogoud dans les caractéristiques de ces deux protagonistes. Quand à la princesse Yasmine, elle montre pour la première fois une femme forte qui cherche à s’émanciper (elle fuit du palais, n’acceptant pas que son mariage soit arrangé), à tel point qu’elle ferait presque de l’ombre au héros de par son caractère trempé. Il suffit de voir le baiser qu’elle donne à Jafar pour détourner son attention pour mesure toute l’avancée bien moins lisse des Disney d’avant. Pas de princesse épousant mollement son prince charmant mais une femme sexy et sulfureuse de caractère. Pas non plus de héros sans peur et sans reproche au programme mais au contraire un sdf obligé de voler. Bien qu’étant avant tout un cœur pur (le film n’échappant donc pas au manichéisme de rigueur), Aladdin reste donc quelqu’un qui devra prouver sa valeur et dont les défauts restent terriblement humains, comme ses rêves de richesses qui se traduiront par une entrée métamorphosée en prince très prétentieuse. Le héros manquera par ailleurs de perdre celle qu’il aime en oubliant qui il est.

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Mais le personnage qui vole la vedette à tous les autres, c’est bien entendu le Génie. Car en plaçant l’intrigue au pays de lampes magiques et des tapis volants, les réalisateurs se sont avant tout assurer un personnages au potentiel féroce. Campé par Robin Williams en Vo, ce génie bleu offre un coup de pied dans la morale bien pensante et le calibrage de rigueur. Ici, le formatage de l’aventure familial devient un travestissement à peine voilé des Tex Avery. Le génie a d’ailleurs la mâchoire qui tombe de la même manière. Ce qui nous vaut des scènes de comédie à se décrocher la mâchoire et un ton passablement parodique, emprunt d’un grand modernisme. Le Génie joue les hôtesses de l’air, les couturiers, les abeilles, ect… Un festival parodique qui offre à Disney son premier Dessin Animé irrévérencieux (le studio n’a d’ailleurs repris cette formule que deux fois avec Kuzco et Lilo and Stitch : 2 réussite). On entre ainsi dans une modernité du dessin animé que les films familiaux ne possédaient pas. Pixar et Shrek peuvent dire merci. D’un autre côté, on peut penser que les références à la culture moderne font trop anachroniques dans le récit, ce qui peut en partie gâcher le plaisir. Ce qui ne serait qu’une broutille.

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Aladdin marque donc une nouvelle avancée pour le studio. La réussite du film tiens donc à quantité d’éléments dont il ne faudrait pas oublier Iago, perroquet désopilant qui parviens à éviter le côté lourdingue du « compagnon rigolo » du fait qu’il est dans le camp du méchant. Mais évoquons aussi les chansons, dont le Rêve Bleu est sans conteste la plus envoûtante (avec comme image des cartes postales du monde et des nuages). Sans oublier l’animation fluide avec de nombreux effets numériques parfaitement dans le ton (la chute du la tourelle dans la neige et la lave dans la caverne aux merveilles sont impressionnantes). Des visions marquent plus que d’autres, comme cette images mythologique d’une tête de lion surgissant du sable, puissant donc dans la culture égyptienne ou le combat final avec son Jafar serpent (on pense à Conan) dont l’issu effrayante est particulièrement bien trouvée. Même s’il faudra attendre la (moyenne) suite du film pour voir un Jafar tout puissant en action. Aladdin qui connu par ailleurs deux suites : le Retour de Jafar, qui n’a pas tenu toute ses promesses, et un Aladdin et Roi des Voleurs de hautes volée (peut être même la meilleure suite du studio). Un autre signe du vent de fraîcheur qu’à apporter le film. Evoquons enfin le sympathique mais discret vent anarchique qui soufflent sur le dessin animé, le pauvre accédant enfin à ses rêves, le vizir étant corrompu et usant d’illusion et de mensonges pour mieux faire passer ses idées. Même le Sultan inoffensif (ce qui aurait pu passer pour une tentative de gommer le message) est une espèce d’enfant immature et un rien idiot.

Aladdin, film anarchique ? Quand même pas. Mais on ne peut nier son rôle majeur dans l’histoire de l’animation, le film étant à la fois novateur et référentiel, le film s’achevant sur un clin d’œil à Méliès et son voyage vers la Lune. Un voyage dépaysant que tout enfant connaît par cœur, preuve s’il en ai de la trace qu’à laissé le métrage.

NOTE :   5/6

Posté par merovingien à 17:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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